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Souscriptions à l’IPO de Dangote : les investisseurs de l’UEMOA face au risque d’arnaques

Le régulateur de l’UEMOA appelle les investisseurs à vérifier les offres liées à l’IPO de Dangote. Toute opération hors UEMOA reste soumise à autorisation.

La Rédaction ZOOM BOURSE

4 min de lecture

Une réunion de travail autour d’une longue table, ordinateurs ouverts.
Communiqué de l’AMF-UMOA
28 sept.
Date du règlement
20 déc. 2024

L’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest-africaine (AMF-UMOA), le régulateur du marché financier régional, a publié le 28 septembre 2026 un communiqué appelant les investisseurs de la zone à la vigilance avant toute souscription à une offre publique portant sur des valeurs mobilières émises hors de l’UEMOA. L’Autorité vise en particulier les titres de la raffinerie du groupe Dangote, engagée dans une opération d’introduction en bourse au Nigeria, sur la place de Lagos. Selon le communiqué, cette opération suscite un intérêt marqué chez les épargnants de l’Union.

Le contenu du communiqué du 28 septembre

L’AMF-UMOA rappelle qu’une opération d’investissement réalisée à l’étranger par un résident de l’UEMOA est encadrée. Elle est soumise aux formalités et aux autorisations prévues par la réglementation en vigueur, et notamment par le règlement n°06/2024/CM/UEMOA du 20 décembre 2024 relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’Union. Acheter un titre coté à Lagos depuis Abidjan, Dakar ou Lomé ne relève donc pas du même régime qu’un ordre passé sur une valeur de la BRVM.

Le régulateur ajoute un second point, qui concerne cette fois ceux qui proposent les titres. La mise en vente de valeurs mobilières étrangères dans les États membres de l’UEMOA est soumise à son autorisation préalable. Un intermédiaire qui démarche des épargnants de l’Union pour une offre étrangère sans avoir obtenu cette autorisation se place hors du cadre réglementaire. L’AMF-UMOA précise que tout manquement aux exigences réglementaires expose son auteur aux sanctions prévues par les textes.

Dans son communiqué, l’Autorité indique que son intervention vise à contribuer à la protection de l’épargne investie et à la préservation de l’intégrité du marché financier régional. Elle invite, selon ses propres termes, « le public et les investisseurs à faire preuve de vigilance et à veiller au strict respect de la réglementation en vigueur avant toute souscription à une opération financière réalisée hors de l’UEMOA ».

Les vérifications demandées avant toute souscription

L’AMF-UMOA énumère trois contrôles à effectuer avant d’engager de l’argent. Le premier porte sur la régularité de l’opération elle-même : l’offre existe-t-elle réellement, sous la forme annoncée, et a-t-elle été visée par l’autorité compétente ? Le deuxième porte sur le statut des intermédiaires qui la proposent : une SGI, une société de gestion et d’intermédiation, est agréée pour recevoir des ordres, et cet agrément se vérifie auprès du régulateur. Le troisième porte sur l’accomplissement des formalités et l’obtention des autorisations exigées.

Le régulateur précise que ces vérifications s’apprécient au regard de deux corps de règles à la fois : la réglementation de l’UEMOA, et celle applicable sur le marché où l’opération est menée. Un épargnant sénégalais qui souscrit à une offre nigériane relève donc du droit des relations financières extérieures de l’Union et, simultanément, des règles du marché de Lagos, dont les procédures de souscription, de règlement-livraison et de fiscalité lui sont étrangères.

Cette double exigence explique la prudence du régulateur. Elle ne dit rien de la qualité de l’émetteur concerné : elle porte sur le canal par lequel un résident de l’Union accède à des titres étrangers, et sur les autorisations qui conditionnent cet accès.

Le terrain favorable aux offres frauduleuses

Une introduction en bourse très commentée crée un contexte que les escrocs exploitent. Le mécanisme est connu : des interlocuteurs se présentent comme des intermédiaires habilités, annoncent un accès privilégié à une souscription fermée ou à un quota réservé, demandent un virement rapide sur un compte personnel ou un portefeuille mobile, puis disparaissent. L’urgence affichée, la promesse d’un gain certain et l’absence de document officiel sont les signaux qui reviennent le plus souvent dans ce type de sollicitation.

Trois réflexes limitent l’exposition à ces montages :

  • Ne jamais souscrire à une offre qui n’est pas couverte par un visa de l’AMF-UMOA lorsqu’elle est proposée dans l’Union ;

  • Vérifier auprès du régulateur que l’intermédiaire figure bien parmi les acteurs agréés avant tout versement ;

  • Refuser tout paiement dont la destination n’est pas un compte identifié au nom de l’établissement, et exiger une confirmation écrite de l’ordre passé ainsi que l’inscription des titres sur un compte-titres ouvert à son nom.

Pour l’épargnant de l’Union, la conséquence pratique de ce communiqué est simple à formuler. Une souscription à une offre étrangère qui ne serait pas passée par les formalités et autorisations prévues l’expose à la fois au risque de fraude et aux sanctions applicables en cas de manquement à la réglementation sur les relations financières extérieures. Les valeurs cotées à la BRVM, elles, restent accessibles par une SGI agréée, sous le contrôle de l’AMF-UMOA.

En résumé :

  • L’AMF-UMOA a publié le 28 septembre une mise en garde sur les souscriptions à des offres portant sur des titres émis hors de l’UEMOA ;

  • Le communiqué cite l’introduction en bourse de la raffinerie Dangote à la Bourse de Lagos, au Nigeria ;

  • Toute opération d’investissement à l’étranger par un résident de l’Union est soumise aux formalités et autorisations du règlement n°06/2024/CM/UEMOA du 20 décembre 2024 ;

  • La mise en vente de valeurs mobilières étrangères dans les États membres de l’UEMOA nécessite l’autorisation préalable du régulateur ;

  • Le régulateur demande de vérifier la régularité de l’opération, le statut des intermédiaires et l’accomplissement des autorisations requises ;

  • Les manquements exposent leur auteur aux sanctions prévues par la réglementation.

Source : amf-umoa

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