Formations à la bourse : le logo de la BRVM ne vaut pas caution
Dans un communiqué du 8 juin 2026, la Bourse régionale des valeurs mobilières dénonce l’usage de son nom et de son logo dans des formations, des webinaires et des propositions de placement qu’elle n’a jamais autorisées. Voici ce qu’il dit, et comment vérifier avant de payer.
La Rédaction ZOOM BOURSE

Le 8 juin 2026, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a diffusé depuis Abidjan un communiqué que devrait lire quiconque a déjà cliqué sur une publicité promettant d’apprendre à investir. Son intitulé ne laisse pas de place au doute : il vise l’utilisation non autorisée de la marque BRVM, les offres de formation, et les propositions de placement en bourse sans accréditation officielle.
L’institution y dit constater une utilisation de plus en plus fréquente de son logo et de sa dénomination sur des supports de communication, ainsi que lors de sessions de formation et de webinaires, alors qu’elle n’en est ni l’organisatrice ni la garante.
Ce que dit la Bourse
La marque BRVM est enregistrée auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et de l’Organisation ivoirienne de la propriété intellectuelle (OIPI). L’employer — elle, ses logos ou ses contenus — sans autorisation préalable constitue, écrit la Bourse, une infraction à ses droits de propriété intellectuelle. Elle se réserve d’engager toute action pour protéger son image.
L’institution ne s’en tient pas à l’avertissement. Elle indique avoir déjà signalé plusieurs sites et plateformes à des institutions internationales et aux autorités ivoiriennes compétentes, dont l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC). Ces signalements ont entraîné l’arrêt de leur fonctionnement, et d’autres actions restent possibles contre les initiateurs.
Pourquoi cela vous concerne
Un logo n’est pas un agrément. Une affiche, une page de vente ou une salle louée pour un séminaire peuvent porter les couleurs de la Bourse sans qu’aucun lien n’existe entre elle et l’organisateur. Le sigle emprunte alors une crédibilité que la formation, elle, n’a pas eu à mériter.
Le communiqué met d’ailleurs sur le même plan deux choses que les publicités mélangent volontiers. Expliquer comment fonctionne le marché n’exige aucun agrément : c’est un métier de pédagogie. Recevoir votre argent pour l’investir à la BRVM, en revanche, est une activité encadrée, réservée aux sociétés de gestion et d’intermédiation agréées par l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA. Quand un formateur propose, en fin de session, de placer vos fonds à votre place, c’est cette frontière-là qu’il franchit — et c’est précisément ce que la Bourse nomme une proposition de placement sans accréditation.
Trois vérifications avant de payer
Qui encaisse ? Demandez le nom exact de la structure et sa décision d’agrément, puis vérifiez auprès de l’AMF-UMOA, le régulateur du marché régional. Une personne qui vous fait virer de l’argent sur un compte personnel ou un portefeuille mobile n’est pas un intermédiaire agréé.
D’où vient l’information ? La BRVM renvoie à ses seuls canaux officiels : son site brvm.org, sa chaîne BRVM TV, et ses comptes LinkedIn, Facebook, WhatsApp et X. Un lien reçu dans un groupe de discussion n’est pas une source, même quand il affiche le bon logo.
Que vous promet-on ? Un rendement garanti, un capital doublé en quelques semaines, un tarif qui expire ce soir : aucune de ces trois phrases n’appartient au vocabulaire de la bourse. Elles appartiennent à celui de la vente sous pression.
Ce que la Bourse propose elle-même
La BRVM met ses propres contenus pédagogiques sur son site, sous forme de modules vidéo : ce qu’est la Bourse et comment y investir, comment suivre son actualité, quelle fiscalité s’applique. C’est le point de comparaison le plus simple. Quand une offre prétend parler au nom de l’institution, le contenu officiel de celle-ci se trouve à une adresse que vous pouvez ouvrir vous-même.
Un doute, ou déjà un préjudice ?
Le communiqué donne deux points de contact directs, et c’est sa partie la plus utile. Le service juridique de la BRVM répond au +225 27 20 31 55 96. Les Antennes nationales de bourse, présentes dans chacun des huit pays de l’UEMOA, reçoivent également les demandes de vérification : c’est le bon interlocuteur pour savoir si une formation, une plateforme ou un démarcheur a le droit de se réclamer de la Bourse.
Si vous avez déjà versé de l’argent, conservez tout : captures d’écran, numéros de téléphone, noms des comptes, reçus de paiement. La BRVM invite les investisseurs à signaler aux autorités compétentes tout abus dont ils ont été victimes — en Côte d’Ivoire, la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité reçoit ces signalements ; ailleurs dans l’Union, adressez-vous à la police ou à la gendarmerie.
Le nom d’une institution est le premier outil de l’escroquerie : il emprunte une confiance qu’il n’a pas eu à construire. La vérifier prend un appel, et cet appel vaut mieux que la somme qu’on vous demande.
Sources
Cet article a été écrit à partir des faits publiés par les publications suivantes. Les formulations sont celles de ZOOM BOURSE.
- Côte d'Ivoire-AIP/ La BRVM dénonce une utilisation non-autorisée de son logo et sa dénomination (Communiqué) (nouvel onglet)
- Marché financier régional : La BRVM dénonce l'usage non autorisé de son identité et alerte les investisseurs (nouvel onglet)
- La BRVM alerte sur l'utilisation abusive de son image et appelle à la vigilance face à la multiplication des offres de formation (nouvel onglet)
- Se former en ligne (nouvel onglet)

