Passer son premier ordre de bourse à la BRVM : le mode d’emploi
Prix limité ou au mieux ? Quelle quantité ? Que se passe-t-il si personne n’achète ? Le vocabulaire du carnet d’ordres de la BRVM, expliqué sans jargon, jusqu’à la réception des titres.
La Rédaction ZOOM BOURSE
Le compte est ouvert, l’argent est arrivé. Reste le geste que tout le monde redoute : transmettre le premier ordre. Bonne nouvelle, il n’y a que six informations à donner — et une seule décision qui compte vraiment.
Ce qu’est un ordre, vraiment
Un ordre de bourse est une instruction donnée à votre SGI : acheter ou vendre une quantité donnée d’un titre, à certaines conditions de prix. Votre SGI le transmet au carnet d’ordres central de la BRVM, où il attend une contrepartie.
Rien ne garantit son exécution. Si personne ne veut vendre au prix que vous proposez, l’ordre reste en attente jusqu’à l’expiration de sa durée de validité. Un ordre non exécuté n’est pas un échec : c’est le marché qui vous dit que votre prix n’a pas trouvé preneur.
Les six informations à transmettre
Le sens : achat ou vente
La valeur : son nom et, mieux, son symbole — SNTS, ETIT, SGBC…
La quantité : le nombre de titres
Le type d’ordre : au prix limité ou au mieux
La limite de prix, si vous choisissez le prix limité
La durée de validité : jour, à date déterminée, ou à révocation
Transmettez-les par écrit chaque fois que c’est possible, même si votre SGI accepte le téléphone. Un écrit horodaté vous protège en cas de contestation, et vous évite une erreur de quantité que personne ne pourra rattraper.
La seule décision qui compte : limité ou au mieux
L’ordre au prix limité
Vous fixez un prix maximum à l’achat, minimum à la vente. Vous maîtrisez le prix, pas l’exécution : si le marché ne vient pas à votre niveau, rien ne se passe. C’est le choix par défaut, et pour un débutant, c’est presque toujours le bon.
L’ordre au mieux
Vous ne fixez aucun prix : l’ordre s’exécute au meilleur cours disponible. Vous maîtrisez l’exécution, pas le prix. Sur une valeur très échangée, l’écart avec le dernier cours sera minime. Sur une valeur peu liquide, le carnet peut être quasiment vide et le prix obtenu très éloigné de celui que vous aviez en tête.
Sur un marché étroit, le prix que vous obtenez compte autant que le titre que vous choisissez.
Un exemple hypothétique pour fixer les idées. Vous souhaitez acheter 20 titres d’une société dont le dernier cours affiché est de 5 000 FCFA. En ordre limité à 5 000 FCFA, vous ne paierez pas plus de 100 000 FCFA — mais vous pourriez ne rien obtenir. En ordre au mieux, vous serez servi si des vendeurs sont présents, au prix qu’ils demandent : 5 000, 5 200 ou davantage.
Le rythme de la séance
La BRVM cote du lundi au vendredi. La séance est précédée d’une phase de pré-ouverture pendant laquelle les ordres s’accumulent sans s’exécuter ; le premier cours de la journée sort de cette confrontation initiale. Les horaires précis sont publiés par la BRVM et peuvent évoluer : votre SGI vous indiquera l’heure limite de transmission pour être servi le jour même.
Un ordre transmis en dehors des heures de séance est présenté à la séance suivante. Il n’y a donc aucune urgence à passer un ordre le soir : prenez plutôt le temps de relire votre instruction.
Après l’exécution
Vous recevez un avis d’opéré détaillant la quantité, le cours obtenu et le total des frais. Puis intervient le règlement-livraison : quelques jours ouvrés plus tard, les titres apparaissent sur votre compte-titres et les espèces sont débitées.
Conservez tous vos avis d’opéré. Ce sont eux qui établissent votre prix de revient — frais inclus —, la seule base honnête pour mesurer votre performance réelle et votre rendement sur prix d’achat.
Anticipez aussi un effet du règlement-livraison : vendre un titre ne rend pas les espèces immédiatement disponibles pour un autre achat. Si vous enchaînez deux opérations, ce décalage se planifie.
Les erreurs de premier ordre
Passer un ordre au mieux sur une valeur peu échangée : c’est le meilleur moyen de payer trop cher sans s’en rendre compte
Oublier le minimum de perception : un ordre trop petit part avec un handicap de plusieurs pourcents
Donner un ordre à révocation puis l’oublier : il peut s’exécuter des semaines plus tard, dans un contexte différent
Confondre quantité et montant : « 100 000 FCFA de titres » n’est pas une instruction valide, « 20 titres » l’est
Ne pas relire l’instruction avant envoi : la quantité est la ligne la plus souvent fautive
Un dernier conseil de méthode : votre premier ordre n’a pas vocation à être rentable, il a vocation à être compris. Faites-le petit, faites-le en prix limité, et regardez toute la chaîne se dérouler jusqu’à l’arrivée des titres. Le suivant sera beaucoup plus simple.