BRVM 16:30, voir le marché

cours différés de 15 minutes, mis à jour à 16:30

  • BRVM-CBRVM - COMPOSITE,516,29en baisse de −3,66 %
  • BRVM-30BRVM-30,250,21en baisse de −3,65 %
  • FTSCFILTISAC COTE D'IVOIRE,2 000en hausse de +4,71 %
  • NEICNEI-CEDA COTE D'IVOIRE,2 405en hausse de +4,57 %
  • CFACCFAO MOTORS COTE D'IVOIRE,1 480en baisse de −7,50 %
  • LNBBLOTERIE NATIONALE DU BENIN,3 700en baisse de −7,50 %
  • CBIBFCORIS BANK INTERNATIONAL BURKINA FASO,28 675en baisse de −7,50 %
  • NSBCNSIA BANQUE COTE D'IVOIRE,20 815en baisse de −7,49 %
Actualitéssonatelfractionnement

Fractionnement de l’action SONATEL : mode d’emploi avant le vote du 8 octobre

Les actionnaires de la SONATEL sont convoqués le 8 octobre 2026 pour voter la division de l’action par dix. Si la résolution est adoptée, chaque action cotée aujourd’hui autour de 39 000 FCFA sera remplacée le 26 octobre par dix actions d’environ 3 900 FCFA. La valeur des portefeuilles reste inchangée. Le prix d’entrée sur la première capitalisation de la BRVM sera en revanche divisé par dix, et l’assemblée doit aussi se prononcer sur une révision des statuts.

La Rédaction ZOOM BOURSE

10 min de lecture

Des pylônes de télécommunication se découpent en silhouette sur un ciel de coucher de soleil.
Photo Mario Caruso · Unsplash
Assemblée générale extraordinaire
8 oct. 2026
Valeur nominale par action
500 → 50 FCFA
Actions en circulation
100 M → 1 Md
Prise d’effet du fractionnement
26 oct. 2026

La SONATEL a convoqué ses actionnaires en assemblée générale extraordinaire le jeudi 8 octobre 2026 à 15 heures GMT. La réunion se tiendra par visioconférence depuis le siège de la société à Dakar. L’ordre du jour compte quatre résolutions. La première porte sur le fractionnement de l’action dans un rapport de un à dix. La troisième modifie plusieurs articles des statuts, dont certains remontent à l’époque où l’opérateur détenait le monopole des télécommunications au Sénégal.

Le contenu de la première résolution

Le fractionnement s’appuie sur l’Instruction n°48/2012 du CREPMF, l’ancien nom du régulateur du marché régional, devenu depuis l’AMF-UMOA. En cas d’adoption, il prendra effet le 26 octobre 2026. À cette date, chaque action SONATEL sera convertie en dix actions et la valeur nominale passera de 500 à 50 FCFA. Le capital social, fixé à 50 milliards de FCFA, ne change pas. Il sera divisé en un milliard d’actions au lieu de cent millions.

La deuxième résolution reporte cette nouvelle répartition dans l’article 6 des statuts. La quatrième confère les pouvoirs nécessaires à l’accomplissement des formalités. La troisième, présentée plus bas, n’a pas de lien avec le fractionnement.

Aucun effet sur la valeur des portefeuilles

Un fractionnement ne modifie ni la valeur de l’entreprise ni celle des titres détenus par chaque actionnaire. Il augmente le nombre d’actions en circulation et réduit d’autant la valeur unitaire de chacune.

L’exemple d’un épargnant qui possède cinq actions le montre. Le 17 septembre 2026, l’action SONATEL a clôturé à 39 250 FCFA, ce qui porte la valeur de ses titres à 196 250 FCFA. Le 26 octobre, il détiendra cinquante actions et le cours de référence sera ramené autour de 3 925 FCFA. Ses titres vaudront toujours 196 250 FCFA.

Le dividende suit le même ajustement. Au titre de l’exercice 2025, la SONATEL a versé 1 933 FCFA brut par action, soit 1 740 FCFA net après la retenue de l’IRVM, pour un total de 193,3 milliards de FCFA mis en paiement le 25 mai 2026. Rapporté à la nouvelle base, le même dividende représenterait 193,3 FCFA brut par action. Un actionnaire qui détient dix fois plus de titres percevra donc la même somme.

Les ratios ne sont pas davantage affectés. La capitalisation boursière, le PER et le rendement du dividende se calculent sur l’ensemble des titres et restent identiques. Seule l’unité de compte change.

Ce qui apparaîtra sur les relevés le 26 octobre

Le jour de l’opération, les applications et les relevés de compte afficheront un cours divisé par dix, ce qui peut ressembler à une baisse de 90 %. Il s’agit du nouveau cours de référence et non d’une chute du titre. La quantité d’actions détenues aura été multipliée par dix dans le même temps.

L’ajustement est réalisé par la SGI et le dépositaire central sans intervention de l’actionnaire. Aucun ordre n’est à passer et aucun frais n’est facturé. Le rapport de un à dix étant un multiple entier, il ne génère ni rompu ni reliquat, quel que soit le nombre d’actions détenues.

Les actionnaires qui ont laissé un ordre de bourse à cours limité dans le carnet doivent en revanche le vérifier. Un ordre fixé sur l’ancienne échelle de prix n’a plus de sens après le fractionnement. Il est préférable de faire le point avec sa SGI avant le 26 octobre.

Les raisons de l’opération

Le prix unitaire d’une action conditionne le nombre d’investisseurs en mesure de l’acheter. À 39 250 FCFA, la SONATEL est l’un des titres les plus chers de la cote d’Abidjan, derrière Unilever Côte d’Ivoire, qui cotait 52 700 FCFA le même jour. Un salarié qui épargne 20 000 FCFA par mois doit attendre deux mois pour acquérir une seule action. À 3 925 FCFA, il peut en acheter cinq dès le premier mois.

L’enjeu dépasse le cas individuel. La SONATEL représente à elle seule près d’un cinquième de la capitalisation du marché des actions de la BRVM, qui a dépassé 20 000 milliards de FCFA en août 2026. Elle est aussi le titre le plus suivi de la place. Rendre cette valeur accessible aux petits porteurs élargit la base d’actionnaires de l’ensemble du marché.

La liquidité constitue le second motif. Un titre plus divisible s’échange plus facilement et l’écart entre le prix acheteur et le prix vendeur tend à se réduire. La structure du capital rend ce point sensible. Orange détient environ 42 % de la SONATEL et l’État du Sénégal près de 28 %. Le flottant, c’est-à-dire la part du capital qui circule effectivement en bourse, reste donc limité.

Le précédent de 2012

La SONATEL a déjà procédé à une opération identique. Son assemblée du 31 octobre 2012 avait approuvé un fractionnement de un à dix, entré en vigueur le 23 novembre 2012. L’action était passée de 140 000 à 14 000 FCFA et le dividende de 13 050 à environ 1 305 FCFA.

Les volumes avaient réagi dès la première séance. La veille du fractionnement, 578 titres avaient été échangés. Le jour même, 4 872 titres changeaient de mains, soit plus de huit fois plus.

L’effet sur le cours a été plus bref. Le 2 janvier 2013, six semaines après l’opération, l’action était revenue à 14 000 FCFA, son prix de fractionnement. L’opération avait rempli son objectif de liquidité sans soutenir durablement le cours, qui a ensuite évolué au rythme des résultats de l’entreprise.

Sur ce plan, le groupe affiche une dynamique favorable. Au premier semestre 2026, son chiffre d’affaires a atteint 1 049,8 milliards de FCFA, en hausse de 9,3 %, pour un résultat net de 230 milliards, en progression de 10,5 %. Le titre a gagné environ 41 % depuis la mi-février 2026, où il cotait 27 875 FCFA. Cette hausse est antérieure à l’annonce du fractionnement.

Les fractionnements à la BRVM depuis 2013

La SONATEL n’est pas un cas isolé. Le fractionnement est devenu une opération courante sur la place d’Abidjan au cours de la dernière décennie. Onatel, l’opérateur burkinabè détenu à 51 % par Maroc Telecom, avait divisé son action par dix le 29 novembre 2013, ce qui avait ramené le cours de 63 000 à 6 300 FCFA et le nominal de 10 000 à 1 000 FCFA. Total Côte d’Ivoire a suivi en juillet 2015 avec un rapport de un pour vingt.

Le mouvement s’est ensuite généralisé sous l’effet d’une décision de la BRVM. Le 31 décembre 2015, son conseil d’administration a fixé un nombre minimal de titres détenus par le public, gradué selon la capitalisation : deux millions d’actions pour une société valant moins de 50 milliards de FCFA, quatre millions entre 50 et 99 milliards, cinq millions entre 100 et 199 milliards, dix millions au-delà de 200 milliards. Les sociétés cotées avaient jusqu’au 31 décembre 2017 pour s’y conformer, délai repoussé d’un an. La plupart ne remplissaient pas ce critère et ont fractionné leurs titres pour y parvenir.

Vivo Energy Côte d’Ivoire a divisé son action par cinquante le 4 novembre 2016, portant son nombre de titres de 1 260 000 à 63 000 000. La CIE a suivi le 19 octobre 2017 avec un rapport de un pour vingt, puis, en 2018, la SIB (un pour cinq, le 15 juin), la SITAB (un pour vingt, le 26 juillet) et Onatel une seconde fois, le 29 août. Ecobank Côte d’Ivoire, SAFCA et Crown Siem ont clos l’année. À l’été 2019, 36 des 45 sociétés alors cotées avaient procédé à un fractionnement, selon un décompte de Sikafinance. Le cas le plus récent est celui de Solibra, dont l’action a été divisée par dix le 30 septembre 2024, le nominal passant de 2 500 à 250 FCFA.

La SONATEL n’a pas eu à se joindre à ce mouvement. Avec cent millions de titres depuis son fractionnement de 2012, elle dépassait largement le seuil de dix millions applicable à sa capitalisation. L’opération de 2026 relève donc d’un choix de l’entreprise et non d’une mise en conformité.

Ces précédents invitent à la prudence dans la lecture des cours. Vivo Energy affichait en 2016 la plus forte progression de la cote, avec une hausse de 116 % depuis le début de l’année au moment où son fractionnement a été annoncé. Cette performance était donc acquise avant l’opération et accompagnait de bons résultats. Un fractionnement ne modifie ni les fondamentaux d’une entreprise ni sa rentabilité. Il peut en revanche élargir la base d’acheteurs et soutenir les volumes, comme la SONATEL l’avait constaté en 2012.

La troisième résolution : des statuts mis à jour

La troisième résolution modifie plusieurs articles des statuts. Elle supprime des dispositions rédigées à l’époque où la SONATEL détenait le monopole des télécommunications au Sénégal.

À l’article 11 disparaît le paragraphe qui prévoyait, pendant la durée du monopole, la présence d’au moins deux administrateurs représentant l’État au conseil d’administration. À l’article 13 bis, la clause qui imposait pour certaines délibérations le vote favorable de l’administrateur représentant l’État, sous condition d’une participation publique d’au moins 25 %, est retirée, de même que celle qui exigeait le vote favorable d’un actionnaire détenant plus du tiers du capital. Le registre de présence papier du conseil est remplacé par une feuille de présence électronique, signée par le seul secrétaire de séance.

Ces clauses étaient liées à la durée du monopole, aujourd’hui révolu, et n’avaient plus d’effet pratique. L’État du Sénégal conserve par ailleurs ses sièges au conseil au titre de sa participation de près de 28 %, en tant que deuxième actionnaire. La suppression porte sur un droit de veto statutaire devenu caduc et non sur sa représentation.

La résolution crée dans le même temps un Comité de Nomination et de Rémunération, objet d’un nouvel article 17. Ce comité sera composé exclusivement d’administrateurs non salariés de la société et n’exerçant aucun mandat de direction. Il donnera son avis sur la rémunération du président et du directeur général, une compétence jusqu’ici attribuée au comité d’audit. Il assistera aussi le conseil dans la sélection des nouveaux administrateurs, dans le plan de succession des mandataires sociaux et dans la politique d’actionnariat salarié. Le comité d’audit, de son côté, émettra un avis sur la nomination et la révocation du directeur de l’audit.

Pour les actionnaires minoritaires, ces deux dispositifs correspondent aux pratiques habituelles des sociétés cotées. La rémunération des dirigeants sera examinée par un comité distinct de la direction et la nomination du responsable de l’audit interne ne dépendra plus de la seule direction générale.

En résumé

  • Vote le 8 octobre 2026, effet le 26 octobre 2026 en cas d’adoption.

  • Une action devient dix actions, le cours de référence est divisé par dix, la valeur des portefeuilles ne change pas.

  • Le dividende par action est divisé par dix et le montant total perçu reste identique.

  • Aucune démarche à effectuer, à l’exception de la vérification des ordres à cours limité en attente.

  • La troisième résolution supprime les clauses statutaires héritées du monopole et crée un comité de nomination et de rémunération.

L’expérience de 2012 rappelle qu’un fractionnement facilite l’accès au titre sans en modifier la valeur. Après le 26 octobre, dix actions SONATEL vaudront ce qu’une seule valait la veille.

Sources

Cet article a été écrit à partir des faits publiés par les publications suivantes. Les formulations sont celles de ZOOM BOURSE.

Valeur liée

SNTS

Sonatel

Télécommunications Sénégal

41 000 FCFAen baisse de −2,35 %différé 15 min

À lire ensuite

Le Récap' ZOOM

Ne ratez plus rien de la BRVM.