Le directeur général de la BRVM au Bénin du 14 au 19 septembre : ce que cette visite peut ouvrir au pays
Du 14 au 19 septembre 2026, le Dr Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM, séjourne au Bénin. Autorités, entreprises privées, sociétés cotées, Salon régional de l’actionnariat : une semaine pour rapprocher le marché financier régional de l’économie béninoise.
La Rédaction ZOOM BOURSE

Directeur général de la BRVM, le Dr Félix Edoh Kossi Amenounve est attendu au Bénin du 14 au 19 septembre 2026. Titulaire d’un doctorat en sciences de l’administration, option finance, de l’Université Laval au Canada, il est présenté par l’Africa CEO Forum comme l’architecte des grandes réformes du marché financier de l’UEMOA.
Inutile d’attendre une annonce spectaculaire : une tournée de ce type sert d’abord à ouvrir des conversations. Mais son programme dit assez clairement lesquelles.
Une semaine, quatre rendez-vous
Les autorités du pays. C’est à ce niveau que se discutent les sujets de cadre : le recours de l’État au marché financier régional pour financer ses projets, les conditions qui rendent la bourse attractive pour une entreprise béninoise, et la place que les pouvoirs publics veulent donner à l’épargne des ménages dans le financement de l’économie.
Les entreprises du secteur privé. Ce sont les rencontres les plus tournées vers l’avenir : des sociétés qui ne sont pas cotées aujourd’hui, à qui la BRVM vient présenter ce que la bourse peut leur apporter, et ce qu’elle leur demande en retour.
Les sociétés cotées à la BRVM. Un échange avec celles qui vivent déjà au rythme du marché : publication régulière des comptes, relation avec les actionnaires, suivi du cours.
Le Salon régional de l’actionnariat. Temps fort de la semaine, sa deuxième édition se tient les 17 et 18 septembre à l’hôtel Sofitel de Cotonou, sous le parrainage du ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances. Organisé par UCA SGI en collaboration avec Dimensions GROUP, il s’adresse aux décideurs publics, régulateurs, institutions financières, entreprises et investisseurs, autour d’un thème qui résume l’enjeu : « Actionnariat et souveraineté financière : mobiliser l’épargne pour accélérer la transformation économique ».
Son comité scientifique est présidé par Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, et vice-présidé par le Dr Amenounve lui-même. Il compte aussi Birahim Diouf, directeur général du DC/BR, le dépositaire central du marché régional.
Le Bénin, une place encore discrète sur la cote
Il n’existe pas de « bourse du Bénin ». Le pays partage avec les sept autres États de l’UEMOA une place unique, la BRVM, dont le siège est à Abidjan. Le Bénin y est représenté par une antenne nationale de bourse, installée à Cotonou, qui sert de relais local à l’institution.
Sur cette cote commune, les sociétés ivoiriennes sont de loin les plus nombreuses, et la plus grosse capitalisation boursière est sénégalaise. Le Bénin, lui, y reste peu représenté : on y trouve notamment BOA Bénin, la filiale béninoise du réseau Bank of Africa.
La situation n’a rien d’exceptionnel dans la zone, mais elle dit une chose simple : la plupart des entreprises béninoises se financent aujourd’hui hors du marché financier, essentiellement par le crédit bancaire. Élargir leurs options, c’est l’enjeu de fond de cette visite.
Ce que la visite peut ouvrir pour le Bénin
Un autre moyen de financer la croissance des entreprises
Une entreprise béninoise qui veut grandir emprunte le plus souvent à sa banque. La bourse offre une autre voie : ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires lors d’une introduction en bourse, et lever ainsi des fonds propres qui ne se remboursent pas comme un prêt. S’y ajoutent une visibilité auprès d’investisseurs de huit pays et une valeur de marché publique, qui facilite ensuite d’autres financements.
La contrepartie est réelle et mérite d’être dite. Une société cotée publie ses comptes, se soumet au contrôle du régulateur, l’AMF-UMOA, et rend des comptes à des actionnaires qu’elle ne connaît pas tous. Pour beaucoup d’entreprises familiales, c’est ce changement de culture, bien plus que la procédure, qui constitue le vrai pas à franchir.
Des financements longs, en francs CFA
Le marché régional ne sert pas qu’aux actions. Les États de l’Union et certaines entreprises y émettent aussi des obligations pour financer des projets sur plusieurs années. Pour un émetteur béninois, l’intérêt est double : lever des montants importants auprès d’épargnants de toute la zone, et le faire en francs CFA, donc sans le risque de change qui pèse sur un emprunt en dollars.
Faire des épargnants béninois des actionnaires
C’est tout le sens du Salon régional de l’actionnariat. Une large part de l’épargne des ménages se tourne encore vers l’immobilier, les comptes bancaires ou les tontines. La bourse propose autre chose : devenir copropriétaire d’entreprises de toute la région, percevoir une part de leurs bénéfices sous forme de dividendes, sans risque de change puisque les huit pays partagent la même monnaie.
Encore faut-il s’y prendre avec méthode. Une action peut perdre de la valeur, et le marché régional a ses propres règles, à commencer par une liquidité plus faible que sur les grandes places mondiales, un point que nous détaillons dans notre analyse dédiée.
La diaspora, un relais naturel
La diaspora béninoise est un relais d’épargne naturel pour le pays. Elle peut investir à la BRVM à distance, par l’intermédiaire d’une SGI de la zone, un parcours que nous détaillons dans notre guide pour investir depuis la diaspora.
Une visite ne fait pas une introduction en bourse. Mais c’est souvent là que la première conversation commence.
Ce qu’il faudra regarder après la visite
Une tournée de ce type se juge moins à ses discours qu’à ce qui suit. Plusieurs signaux diront si la semaine a porté ses fruits :
des entreprises béninoises qui annoncent étudier une introduction en bourse ;
de nouvelles émissions obligataires d’émetteurs béninois sur le marché régional ;
des partenariats ou des programmes annoncés avec les acteurs locaux : antenne nationale de bourse, SGI, organisations patronales ;
des initiatives concrètes en faveur de l’épargne des ménages dans la foulée du Salon régional de l’actionnariat.
Nous suivrons ces annonces au fil de la semaine.
Ce que cela change pour vous dès aujourd’hui
Concrètement, rien du jour au lendemain, et il est utile de le rappeler. Une visite officielle ne met aucune nouvelle action en vente et ne modifie pas la façon d’investir.
Pour qui veut franchir le pas, le chemin reste le même : ouvrir un compte-titres auprès d’une SGI agréée par l’AMF-UMOA, puis passer ses ordres par son intermédiaire. Nos guides détaillent chaque étape, de l’ouverture du compte au premier ordre de bourse, en passant par la somme nécessaire pour commencer.
Enfin, une précaution vaut plus que jamais en période d’actualité : méfiez-vous des « opportunités » présentées comme liées à cette visite et proposées hors des circuits agréés. Une SGI sérieuse ne vous démarche pas sur une messagerie avec une promesse de gain. Nos mises en garde sont regroupées dans la rubrique Zoom Alerte.
Sources
Cet article a été écrit à partir des faits publiés par les publications suivantes. Les formulations sont celles de ZOOM BOURSE.
Valeur liée
Bank of Africa Bénin
Banque Bénin
8 790 FCFAen baisse de −3,35 %différé 15 min
